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Auteur : Maria Helena Vieira da Silva (Lisbonne, 1908 - Paris, 1992)
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Catégorie : Peinture
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Technique : Huile sur toile
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Date : 1963-1972
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Dimensions : Hauteur 300 cm ; Longueur 401 cm
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Numéro inventaire : Inv. 5044
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Copyright : © Musée des Beaux-Arts de Dijon/François Jay © ADAGP, Paris 2025
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Localisation : Musée des Beaux-Arts, salle 43
Urbi et orbi
Ce tableau de trois mètres par quatre, le plus grand jamais peint par Vieira da Silva, représente un format inhabituel dans son œuvre. Elle le commence en 1963 et le termine en 1972 dans sa maison-atelier du Loiret. Elle choisit d’en faire don à Dijon pour qu’il rejoigne ses œuvres déjà acquises grâce aux époux Granville. C’est l’ami et collectionneur qui en trouve le titre à connotation universelle Urbi et orbi, « à la ville et au monde ». Le paysage urbain que l’on devine, à la frontière entre figuration et abstraction, est un sujet qui traverse tout son œuvre.
Elle aime peindre « des lieux vus de très loin, là où ce qu’on voit n’est pas très expliqué ». La ville d’Urbi et orbi n’est que suggérée, entre ciel et mer ou sous la pluie ? Ou bien est-ce le brouillard qui dilate les formes ? La poésie naît de ces incertitudes tandis que la lumière qui émane de la toile participe à cette immatérialité. L’artiste n’utilise pas de couleur éclatante mais un camaïeu de gris que la peinture a tempera rend mat. La matière, sans épaisseur, est travaillée minutieusement, loin de la peinture gestuelle contemporaine. La construction, étirée, n’a pas de centre affirmé, elle invite l’œil à se déplacer. S’exprimant au sujet de l’œuvre, l’artiste aurait dit : « Faire ce tableau, c’est comme faire mon lit, étirer les draps. »
