Musée des Beaux-Arts

yan Pei-ming, l'homme qui pleure

Composée d’une cinquantaine d’oeuvres, cette exposition se déploie dans l’ensemble du nouveau musée des Beaux-Arts de Dijon et met en lumière un peintre contemporain majeur à la carrière internationale. Tel un journal intime l’exposition L’Homme qui pleure explore les émotions et la révolte ressenties par l’artiste face à la brutalité du monde et sa douleur face aux drames intimes et familiaux. L’exposition rend hommage à sa mère, à Fabian Stech et à Xavier Douroux, récemment disparus et met en lumière la vision très personnelle d’un homme blessé par la violence de la vie et qui continue à se battre.

 

 

Présentation

Né en 1960 à Shanghai, Yan Pei-Ming entre à l’ENSA de Dijon en 1981.
C’est en Bourgogne qu’il fera des rencontres décisives pour sa carrière - notamment celles de Xavier Douroux et de Franck Gautherot, les fondateurs du Consortium et de Fabian Stech, docteur en philosophie et critique d’art.
 

 

L'homme qui pleure

Sera-t-il dit que l'angoisse de l'homme ne revienne que par la peinture monumentale ? Yan Pei-Ming pose le décor dans cette exposition.

Affecté par le malheur, dérangé dans son agenda par l'imprévu de la mort qui touche de trop près, l'artiste dicte à sa peinture une charge répudiée dans les placards du mélodrame de cinéma. Il ose dire et confier aux tableaux mission d’intercession avec les émotions profondes, avec les pleurs et les tourments. Lui qui n’a jamais fait de sentiment, attaché qu’il était à construire vision et oeuvre, a décidé d’ouvrir le bureau des pleurs.


L’homme qui peint, le peut-il encore s’il se laisse gagner par les larmes ?

 

Le monde a fait l’homme qui pleure par le chaos, par la désolation et par la perte. Les paysages cruels, que sont-ils face au triple regard d’une mère sur son lit d’hôpital, en pleine conscience d’une vie qui la quitte.

 

"L'aquarelle à l'eau des larmes", une salle spécifique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Habiter le musée des Beaux-Arts

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un peintre contemporain au musée des Beaux-Arts

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A télécharger

 

 

 

 

Dans l’espace d’exposition temporaire du musée, Pleurants (2018) est une suite de neuf aquarelles à l’encre noire réalisées pour l’occasion, d’après les 82 pleurants des Tombeaux des Ducs de Bourgogne, Philippe Le Hardi, Jean sans Peur et son épouse Marguerite de Bavière. La sélection s’est faite selon des critères de sculpture – virtuosité des drapés et mystères des visages vides à l’abri des capuches.


Ils sont l’agrandissement, de presque 6 fois, des statuettes d’albâtre originales. Détachés des fonds noirs, les Pleurants tiennent le parfait modelé slutérien qui a révolutionné la statuaire funéraire au XVe siècle.

 

Dans une salle à part, les Pleurants s’adjoignent sur les deux murs juxtaposés une peinture et une autre série d’aquarelles : Ma Mère (2018), cinq feuilles d’aquarelles qui réitèrent dans l’encre lavée l’image de la mère partie. Cet espace offre une ode à l’art du funèbre et du funéraire.

 

L’invitation lancée à l’artiste, peintre d’histoire, à partager les cimaises de ses pairs, ajoute au cheminement grave des salles temporaires, une présence en majesté.


Stratégiquement, la salle des Tombeaux – l’ADN du musée et du palais qui l’abrite - se devait d’accepter la confrontation : dalles funéraires portées par l’assemblée des Pleurants, ces deux cénotaphes n’avaient pas vocation à laisser une place à la peinture.


À la mère morte, le sel des larmes ! Les pleurants, l’alliance du temps fugace des funérailles à l’éternité de l’art. Ma Mère – Souffrance • Espoir • Effroi (2018), ce triptyque, accroché entre les très hautes fenêtres de la salle des Tombeaux, trois fois le même portrait de la mère de l’artiste au tournant fatal de sa vie, se dévoile avec à ses pieds la cohorte des Pleurants, leur peine et leur douleur pour une ostentation de la pose et du vêtement drapé.


Il affirme ainsi le lien naturel entre l’histoire politique et culturelle de sa région d’adoption et celle intime et familiale. Cette démarche n’est pas sans faire écho à celle du Louvre en 2009 - Les Funérailles de Monna Lisa (2008), où Yan Pei-Ming avait fait dialoguer à la fois le portrait de son père hospitalisé et son autoportrait à la morgue avec La Joconde.

 

Ce projet rappelle le lien naturel entre l’art contemporain, les arts plastiques et le musée. A l’origine, l’école de dessin de François Devosge - créée au XVIIIe siècle et installée dans une extension du palais des ducs - s’accompagne rapidement d’un premier musée ouvert à ses élèves, avant même la Révolution française. Cette école deviendra l’ENSA. Certains de ses élèves seront des artistes incontournables de l’histoire française de l’art et sont aujourd’hui présents dans les salles permanentes du musée (Pierre- Paul Prud’hon, François Rude, Alphonse Legros, François Pompon…).


Il est donc naturel que Yan Pei-Ming, en tant qu’ancien élève de l’ENSA, bénéficie, après cette exposition, d’une salle permanente qui sera localisée au rez-de-chaussée du musée dans un espace aux fenêtres ouvertes au dehors, à la rue et à la vie contemporaine des Dijonnais

 

 

le document d'aide à la visite

 

 

 

 

 

 

 

 

Infos pratiques

Exposition présentée au musée des Beaux-Arts du 17 mai au 28 octobre 2019

 


HORAIRES

Tous les jours sauf le mardi

Du 17 mai au 30 septembre de 10h à 18h30

Du 1er au 28 octobre de 9h30 à 18h

 

Fermeture le 14 juillet

 


TARIFS

Gratuit