Musée des Beaux-Arts

Portrait du Fayoum

 

 

 

 

En Égypte, l’usage de protéger à l’aide d’un masque la tête de la momie, siège privilégié de son individualité, remonte à l’Ancien Empire et perdure jusqu’à l’époque romaine.

Le musée conserve un ensemble exceptionnel de onze portraits funéraires peints à l’encaustique sur une planchette de bois : ce sont des portraits dits « du Fayoum ». Saisissants de réalisme, ils sont les plus anciens témoignages de l’art du portrait peint. Ils datent de l’époque romaine (IIe et IIIe siècles après J.-C.).

Ce portrait d’homme est le seul de la série qui comporte la représentation des mains. Il s’agit d’un homme barbu, aux cheveux bruns courts, vu de face, sur un fond gris clair. La lumière venant de la gauche accentue, par l’ombre portée, le réalisme de ce portrait : regard aux yeux grands ouverts et aux sourcils épais, oreille gauche à peine détaillée. L’accent est mis sur le regard, animé par une minuscule touche de blanc posée sur l’iris, qui donne l’étonnante impression d’un portrait vivant.

Le buste et les mains sont rendus à coups de brosse assez larges et le modelé manque ainsi de rigueur. La main droite tient un petit bouquet fait de longues feuilles vertes et de fleurs roses enfilées pour former une guirlande à laquelle on donne, en la repliant, la forme d’une boucle. C’est la « rose de Jéricho » qui symbolise la croyance en la vie éternelle. La main gauche tient, elle, un rameau aux feuilles lancéolées, sans doute du myrte.


© musée des Beaux-Arts de Dijon/François Jay

Infos pratiques

Égypte

IIIe siècle après J.-C.

Portrait d’homme barbu

(probablement sous le règne d’Alexandre Sévère)

Peinture à l’encaustique sur planchette de bois déroulé (hêtre)

H. 40 cm ; L. 28 cm ; Pr. 2 cm

Legs Albert Gayet, 1924

Inv. GA 3