Musée des Beaux-Arts

Plat à décor de figures et de chrysanthèmes

L'Extrême-Orient est particulièrement bien représenté parmi les collections non-occidentales du musée des Beaux-Arts, à travers des sculptures tibétaines et indiennes, des cabinets de laque du Japon ou de Chine, et surtout un ensemble de plus de six cents céramiques.

 

Parmi les céramiques japonaises, ce grès se rattache à la production particulièrement décorative des fours de Satsuma, situés à l’extrémité sud de l’archipel nippon. Le style dit en « brocart d’or » évoque la grande préciosité des décors qui associent l’or à la vive palette des émaux de couleur.

 

Entièrement doré au pinceau, l’intérieur de ce grand plat se couvre d’une composition tournoyante qui unit à la fois les notations naturalistes d’un paysage maritime, des créatures mythologiques (dragon et phénix) et des figures – principalement féminines – environnées d’une multitude de petits chrysanthèmes, comme parsemés en nuées à la surface de l’objet. Le goût pour les lignes ondulantes, l’association de la femme et de la fleur, les accents oniriques du décor, entrent en résonnance avec l’imagerie du symbolisme naissant en Europe. La production de Satsuma est alors au diapason de l’Art nouveau occidental dont on sait combien il doit à la vogue du Japonisme.

 

L’exposition universelle de 1867 à Paris est à l’origine de l’engouement des Européens pour ces grés en brocart d’or de Satsuma. Ils étaient d’ailleurs spécialement conçus pour l’exportation, à la différence de la production beaucoup plus épurée des « Satsuma noirs » (ou blancs) destinés la cérémonie du thé au Japon.

 

© Musée des Beaux-Arts de Dijon/François Jay

 

 

Infos pratiques

Japon, Satsuma

Plat à décor de figures et de chrysanthèmes

Seconde moitié du XIXe siècle

Grès, émaux polychromes sur couverte et dorure

H. 4,5 cm ; D. 32,4 cm.

Inv. CSN 26