Les musées s'installent rue de la Liberté

Une exposition en coeur de ville ! 

 


Riches de leurs collections, dialoguant entre eux et avec le territoire, les musées de Dijon s’affichent rue de la Liberté, au coeur d’un secteur sauvegardé dont la valeur universelle exceptionnelle, pilier du dossier des Climats du vignoble de Bourgogne, a été reconnue au patrimoine mondial de l’Unesco.

Durant tout l'été, découvrez, au fil d’une des plus belles entrées piétonnières du centre-ville, une sélection d’oeuvres sur le thème des portraits, représentative de la beauté et de la diversité des musées dijonnais

Dame à sa toilette

 

Anonyme de l’Ecole de Fontainebleau

Fin XVIè siècle

Peinture à l’huile sur toile

Musée des Beaux-Arts de Dijon © photo François Jay
-> en restauration au centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF) à Versailles.

 

Un corps généreux, une poitrine haute, un visage fin, une peau éclatante, des cheveux blonds vénitiens, autant d'attributs qui font de ce portrait une évocation des critères de beauté en vogue à l'époque. Mais si le thème de la Dame à sa toilette est cher au cœur des artistes de l'École de Fontainebleau, ce n'est pas seulement dans l'idée de dresser le portrait idéal.
La beauté, la quasi-nudité, les fleurs et les abondants bijoux sont autant d'indices qui évoquent la célébration du désir amoureux tel un portrait de Vénus, déesse de l'amour.
Un miroir richement orné, visible à droite de la composition, pourrait passer inaperçu. Et pourtant ! Celui-ci défiant toute logique renvoie un reflet telle une mise en garde contre l'illusion des sens et la fugacité de la beauté ; s'il s'agit bien de la même femme, celle-ci est plus vieille et moins épanouie.

Portrait de femme de Bou-Saada (Algérie)

 

Constant-Georges Gasté

1896

Peinture à l’huile sur toile

Musée des Beaux-Arts de Dijon © photo François Jay
-> conservée dans les réserves, dans le cadre du chantier de rénovation.

 

Dans ce portrait de femme, la spontanéité et l'authenticité du geste, perceptibles par les coups de pinceau, laissent envisager que cette peinture a été faite sur le vif. Dans un savant mélange de couleurs chaudes et froides, cette femme fixe le peintre, le visage baigné d'une lumière dorée. L'intensité du regard est renforcée par les deux taches blanches, reflet d'une source lumineuse.
Oasis la plus proche du littoral algérien, Bou Saada est surnommée la cité du bonheur. C'est dans cette ville que Gasté a choisi de s'installer de 1894 à 1898, s'immergeant parmi la population. Les visages des habitants le fascinent, ses portraits sont vibrants et sensibles. Peintre orientaliste et photographe, il fixe sur la toile ou sur des plaques de verre des témoignages sur la population locale.

Autoportrait n°3


Yan Pei Ming

2000

Peinture à l’huile sur toile

Musée des Beaux-Arts de Dijon

© Yan Pei-Ming / ADAGP, Paris, 2016 / photo François Jay
-> conservée dans les réserves, dans le cadre du chantier de rénovation.

 

Concentré depuis le début de sa carrière sur la figure humaine, et plus particulièrement sur le visage, le travail de Ming s'inscrit dans la problématique de la représentation de l'individu. Ses portraits, qu'ils soient identifiés, anonymes, imaginaires ou encore emblématiques mais également ses autoportraits,dans le cas présent, rendent compte d'une humanité universelle.
L'artiste aime manier les paradoxes, mêlant les signes de son identité chinoise avec ceux d'une culture occidentale rapidement assimilée, oscillant toujours entre le réel et la fiction de la représentation, entre le figuratif et l'informel...
Privilégiant les grands formats et la bichromie (noir et blanc ou rouge et blanc), l'art expressif de Ming se caractérise par l'énergie et la rapidité du geste.

Tête d'une statue identifiée comme Moïse

 

XIIIè siècle

Pierre d'Asnières

provenant du portail de Notre-Dame de Dijon (?)

Musée archéologique de Dijon © photo François Perrodin
-> exposée dans le dortoir des Bénédictins au musée archéologique

 

Longtemps encastrée dans un mur de l'hôtel Gossin à Dijon, cette tête a d'abord été identifiée comme celle de saint Pierre du portail occidental de l'église abbatiale Saint-Bénigne de Dijon. Elle proviendrait en fait d'un des portails occidentaux de l'église Notre-Dame de Dijon.
C'est le visage d'un homme mûr aux traits fortement marqués. Les arcades sourcilières, droites et tombantes, assombrissent le regard et donnent à cette figure un air sévère. Une longue moustache et une barbe épaisse sont travaillées en fines mèches souples enroulées en grosses boucles. La chevelure est traitée à l'identique, les boucles encadrant un front barré de rides rectilignes. Quelques traces de polychromie son réapparues après restauration : les pupilles étaient peintes en noir, la barbe et les cheveux en brun.

Masque de Gellbellus

 

époque gallo-romaine (IIè siècle)

Tôle de bronze

Découvert à la bibliothèque municipale de Dijon (rue de l'école de droit)

Musée archéologique de Dijon © photo François Perrodin
-> exposée dans le dortoir des Bénédictins au musée archéologique jusqu’au 16 octobre 2016 dans le cadre de l’exposition « Donnant Donnant Vœux et Dons aux Dieux en Gaule Romaine »

 

Ce masque a été découvert en 1997 dans le cadre d'une fouille de sauvetage, lors des travaux de rénovation de la Bibliothèque municipale de Dijon. Il était déposé dans la fondation du retour d'un mur du castrum antique. C'est un profil gauche masculin, travaillé en masque dans une mince feuille de bronze. L'oeil est bordé de cils et d'une arcade sourcilière finement ciselés. Une barbe couvre largement le bas du visage. Sur la joue une excroissance en forme de bouton est bien visible ; c'est certainement l'anomalie pathologique pour laquelle le dédicant, un certain Gellbellus, rend hommage au dieu. La formule votive est inscrite sur le front : DEO VIDETILLO GELLBELLVS / V(otum) S(olvit) L(ibens) M(erito), (Au dieu Videtillus, Gellbellus s'est acquitté de son voeu à juste titre). Videtillus, dieu indigène, n'est connu que par cette inscription.

Portrait de Stéphane Mallarmé

 

Jean Messagier

1979

Peinture à l’huile sur toile

Musée des Beaux-Arts de Dijon © ADAGP, Paris, 2016 / photo François Jay
Donation Pierre et Kathleen Granville, 1986
-> conservée dans les réserves, dans le cadre du chantier de rénovation.

 

De 1965 à 1967, Jean Messagier exécute une série de portraits de personnages célèbres. Il s'agit pour lui d'incarner "sa galerie de héros" où se mêlent personnages historiques, musiciens, sportifs, écrivains ou poètes.
Dans une palette de couleurs chaudes jaune-rouge-orangé et dans un geste enlevé, rempli d'énergie où chaque coup de brosse est visible, le poète français Stéphane Mallarmé nous fait face. La vitalité et l'audace du geste de l'artiste sont également perceptibles dans les "griffures" qui marquent le visage et les vêtements du modèle. Jean Messagier travaillait d'après photographie ; sans doute, Messagier a-t-il pu s'inspirer de l'un des nombreux portraits photographiques du poète, réalisés, entre autres, par Nadar.

L’Action


Jean-François Colson

Vers 1759

Peinture à l’huile sur toile

Musée des Beaux-Arts de Dijon © photo François Jay
Don de la Société des Amis des Musées de Dijon, 2014
-> conservée dans les réserves, dans le cadre du chantier de rénovation.

 

Même s'il est né à Dijon, Jean-François Gilles dit Colson n'a jamais travaillé dans la capitale bourguignonne. Artiste multiple, architecte, ingénieur, professeur de perspective, il demeure aujourd'hui surtout connu pour ses nombreux portraits, représentant une clientèle variée, membres de la bourgeoisie ou de la petite noblesse, comédiens, ou encore savants.
Colson a peu abordé la scène de genre, représentation de la vie quotidienne, au cours de sa carrière. L'Action offre une vision emprunte d’innocence, de douceur de vivre mais aussi de légèreté. L’image de ce jeune garçon allumant la mèche d’un canon suggère évidemment le jeu. Son espièglerie, l'excitation du chien, la peur du petit garçon ajoutent une saveur naturelle à la scène. La mèche du canon allumée n'est pas sans dénoter un propos érotique, ce jeune garçon étant à l'âge où les sens s'éveillent.

Japonaise au bain

 

James-Jacques-Joseph Tissot

1864

Peinture à l’huile sur toile

Musée des Beaux-Arts de Dijon © photo François Jay
->  en prêt au National Museum of Art d’Oslo (Norvège) jusqu’au 16 octobre. Cette œuvre sera ensuite conservée dans les réserves, dans le cadre du chantier de rénovation.

 

Dans l'encadrement d'un pavillon en bois, au milieu de fleurs et d'accessoires japonais, pose une jeune européenne, travestie en geisha. Malgré la présence d'authentiques objets japonais, l'attitude sensuelle de la jeune femme portant le kimono à la manière d'un peignoir de bain témoigne davantage d'un intérêt pour le caractère pittoresque et purement décoratif de la scène. Les coloris chatoyants du kimono, attirant notre regard, s'harmonisent avec les teintes des végétaux présents dans la composition.
Portraitiste de la société élégante, James Tissot cède à la mode extrême-orientale qui s'épanouit en Europe à la fin du XIXe siècle. Le peintre Dante Gabriel Rossetti mentionne dans une lettre, en novembre 1864, l'achat par Tissot dans une boutique parisienne réputée de plusieurs costumes orientaux pour travailler à trois tableaux japonais témoignant de l'engouement du peintre pour ces objets extrême-orientaux.