Musée des Beaux-Arts

Hydrie

 

L’hydrie est un récipient pansu destiné au puisage, au transport et au service de l’eau. Sa forme canonique a été fixée dès le milieu du vie siècle avant notre ère, notamment à Athènes. Ses trois anses sont adaptées à son usage domestique quotidien : une à l’arrière pour aider à verser, et deux de part et d’autre pour la transporter. La taille des hydries, monumentales à la fin du VIe siècle, permet le déploiement d’une iconographie sur deux registres, l’épaule mais surtout la panse. Le répertoire principal s’inspire soit de la fonction du vase, avec la représentation de femmes à la fontaine, véritable lieu de socialité, soit d’un épisode de la mythologie.

 

Sur le tableau central de cette hydrie, Héraclès, paré de la léonté et brandissant sa massue, et Apollon, coiffé d’une couronne de laurier, tiennent tous deux fermement un trépied qu’ils se disputent. Ils sont encadrés, à droite, par Athéna, casquée et revêtue de sa cuirasse d’écailles, et, à gauche, à proximité de son frère jumeau Apollon, par Artémis, le carquois sur l’épaule et l’arc à la main. Hermès, coiffé de son pétase et muni de son caducée, tente d’apaiser les protagonistes d’un geste de la main.

 

La scène est aisément identifiable. Il s’agit de la dispute du trépied, tirée du cycle d’Héraclès, figure héroïque emblématique et demi-dieu très populaire. Il se rend à Delphes afin de consulter l’oracle de la Pythie, qui refuse de lui répondre. Furieux, il s’empare du trépied, siège de la Pythie, pour fonder ailleurs un nouvel oracle. Apollon, protecteur de Delphes, s’interpose. Seul Zeus parvient à les séparer de son foudre, et Héraclès doit s’avouer vaincu. Cette scène bien connue est également représentée sur certains monuments, comme le fronton du Trésor des Siphniens à Delphes. Sur l’épaule, un personnage masculin (Héraclès ? Thésée ?) lutte contre le Minotaure.

 

Le VIe siècle marque à Athènes l’apogée de la production des céramiques selon la technique des  figures noires. Des incisions et des rehauts rouges soulignent avec minutie le réalisme des détails ; la carnation des femmes est blanche. Ici, la construction dense et rythmée de la scène témoigne d’un style figuratif, narratif et résolument ambitieux.

 

 

© musée des Beaux-Arts de Dijon/François Jay 

 

 

 

 

 

Infos pratiques

Grèce (Attique)

 

Hydrie

Fin du VIe siècle av. J.-C.

Terre cuite, décor à figures noires sur fond rouge

H. 41 cm ; L. 34 cm

Legs du marquis de la Marche, 1842

Inv. CA 1207