Musée des Beaux-Arts

Etretat, la porte d'Aval

Les falaises d’Étretat restent encore aujourd’hui intimement liées à Claude Monet. Pourtant, ce petit village de pêcheurs ne serait probablement jamais entré dans l’histoire de l’art si sa transformation en station balnéaire au milieu du xixe siècle n’y avait attiré avant le célèbre impressionniste Eugène Isabey, Paul Huet ou encore Richard Parkes Bonington. 

Claude Monet est un habitué des lieux, puisqu’il séjourne à Étretat pour la première fois en 1868, et qu’il y retourne chaque année de 1883 à 1887. Des falaises, on connaît une cinquantaine de toiles qui, sans relâche, en explorent les plus infimes détails. 

 

© Musée des Beaux-Arts de Dijon/François Jay

 

Ce n’est pas l’Étretat mondain, résidence à la mode avec son casino et ses villas, qui attire alors Claude Monet, mais bien l’excroissance rocheuse, son village de pêcheurs et les variations de l’océan. En 1885, il choisit de représenter le départ des bateaux pour la pêche au hareng, devant la porte d’Aval. Il s’agit de caïques, ces voiliers traditionnels dont la construction est héritée des Vikings et dont la mise à l’eau se fait depuis les plages de galets. Dans une lettre du 30 octobre 1885, il décrit ainsi sa source d’inspiration : « [...] je viens de voir le départ de tous les gros bateaux pour la pêche, tous à la fois ; c’est admirable et je compte bien me payer chaque jour une pochade de cela. » Outre la toile du musée de Dijon, une toile conservée au musée Pouchkine, à Moscou, montre la porte d’Aval représentée d’un point de vue exactement semblable, et donc peinte probablement durant le même séjour. L’idée de peindre un même sujet, avec un même cadrage mais des variations de luminosité, bleues et vertes pour Dijon, orangées et rouges pour Moscou, annonce les séries des Peupliers et des Meules des années 1890.

 

Dans cette toile, l’horizon brumeux mêle ciel et mer avec poésie tandis que la falaise, immuable, veille sur le départ en mer. Par sa touche fragmentée et d’infimes coups de pinceau, Monet a su transcrire les scintillements de l’eau et les mouvements marins, traversés par les effets de vent et de lumière d’une Normandie qu’il chérit.

Infos pratiques

Claude Monet

(Paris, 1840 - Giverny, 1926)

Étretat, la porte d’Aval : bateaux de pêche sortant du port, 1885

Huile sur toile

H. 60 cm ; L. 81 cm

Legs Robin, 1930

Inv. 2961