Musée des Beaux-Arts

Dijon vu des Perrières

Félix Ziem, né à Beaune, étudie l’architecture à l’École des beaux-arts de Dijon. Il quitte la Bourgogne pour Marseille en 1839 où il commence une carrière d’architecte. Sur place, il se destine finalement au dessin et y ouvre une école. Il expose pour la première fois au Salon de 1849 et déménage à Paris quelques années plus tard où il répond aux commandes en réalisant de nombreuses variantes de ses propres œuvres.

 

Malgré ses origines, l’artiste n’a peint que peu de paysages bourguignons, tant il était fasciné par l’Ailleurs. À partir de 1841, il entreprend ainsi de nombreux voyages, explorant l’Angleterre, l’Italie, la Turquie, le Liban ou la Grèce dont il rapporte croquis et peintures exotiques.

 

© musée des Beaux-Arts de Dijon/François Jay

 

Dans cette toile, il représente Dijon, vue depuis les hauteurs des Perrières, à l’ouest de la ville, sans doute à la fin de l’année 1842, vraisemblablement à l’occasion d’une courte visite à sa famille, cette année-là. On connaît de l’artiste quelques vues de la capitale bourguignonne, dont le décor l’attirait, notamment les « splendides églises qui le transportaient dans un pays imaginaire ». Soulignons ici la valeur quasi archéologique de cette vue, témoin de la place encore importante qu’occupait le paysage rural au milieu du xixe siècle, à proximité du cœur de la cité.

 

Le panorama obtenu permet de distinguer aisément les deux tours et la flèche de la cathédrale Saint-Bénigne ainsi que la tour Philippe le Bon, éclairées par une lumière rosée. Cette peinture de jeunesse se rattache encore par sa matière lisse à la première manière de l’artiste, qui évoluera vers un style aux empâtements plus prononcés après 1850. Le premier plan brossé, les arbres esquissés par touches et les préoccupations atmosphériques annoncent les recherches des Impressionnistes.

 

 

 

 

 

Infos pratiques

Félix Ziem

(Beaune, 1821 - Paris, 1911)

Dijon vu des Perrières

Vers 1842

Huile sur toile

H. 44 cm ; L. 76,8 cm

Inv. 2556