Musée archéologique

Les cultes orientaux en gaule romaine (février 2017)

Le polythéisme de la religion romaine tolère la pratique des cultes orientaux, parmi lesquels ceux d’Isis, de Cybèle et de Mithra… qui connurent un grand succès. Sur le site des Bolards, ont été mis au jour, au sein des vestiges d’un sanctuaire dédié à Mithra, des éléments de statuaire liés au culte de cette divinité masculine.

 

 

La diffusion et le succès des cultes orientaux en Gaule romaine

La religion officielle romaine, même si elle est étroitement liée à la vie publique, a permis l’introduction de plusieurs cultes indigènes et « étrangers ». Les cultes d’Isis l’Égyptienne et de Cybèle la Phrygienne se sont rapidement répandus dans l’Empire romain avec leur propre temple ; celui de Mithra le Perse, plus tardif, restera longtemps en marge.

 

Le succès de deux cultes à mystères : Isis et Cybèle

Isis, veuve d’Osiris, symbole de féminité et de maternité, est une déesse funéraire de l’Égypte antique. Elle est figurée assise, allaitant son fils Horus, portant une perruque recouverte d’une dépouille de vautour, surmontée d’un modius, panier servant de mesure à grains, supportant une paire de cornes qui enserre un disque solaire 2 . À la fin du IIe siècle av. J.-C., son culte se répand à travers le bassin méditerranéen. Chez les Romains, Isis est assimilée avec Cérès, déesse des moissons, ou avec Diane, déesse de la chasse et de la Lune
protectrices de l’Empereur et de l’Empire.

Cybèle est une divinité originaire de Phrygie en Anatolie occidentale. Cette déesse (Grande Mère, Mère des dieux) sera honorée dans l’ensemble du monde antique ; en Grèce, se confondant avec Déméter, depuis le Ve siècle av. J.-C., où, selon la mythologie, elle initie Dionysos à ses mystères. Les Romains l’adoptent à leur tour, en l’assimilant à Cérès, déesse de l’agriculture, des moissons et de la fertilité. Coiffée d’une couronne tourelée, évoquant les villes qu’elle protège, assise dans un char, elle incarne la nature sauvage indomptée, symbolisée par les lions qui l’accompagnent. Mère de toute vie, elle a un pouvoir souverain sur la reproduction des plantes, des animaux, des dieux et des hommes. Son culte, comme celui de Mithra, comporte le sacrifice d’un taureau que l’on égorge.

 

Le culte de Mithra aux Bolards

La présence de Mithra en Côte‑d’Or est attestée par la fouille, dans l’agglomération antique des Bolards (Nuits-Saint-Georges), d’un lieu de culte ou mithraeum, près du grand sanctuaire public. Cette divinité solaire, d’origine perse, garante de l’ordre cosmique et du monde, a une liturgie fondée sur la lutte du Bien contre le Mal. Elle n’a pas été assimilée à un dieu romain. Le mithraeum a une organisation spatiale caractéristique : une crypte pourvue de banquettes destinées au repas cultuel des initiés. Figurait une représentation canonique et édifiante du culte, semblable dans tout l’Empire romain : Mithra sacrifiant le taureau ou tauroctonie . Se déroulant dans une grotte, la scène est encadrée par les deux dadophores ou porteurs de torches, Cautès et Cautopatès, du Soleil et de la Lune, ou, parfois, d’épisodes de la mythologie du dieu. Plusieurs animaux, bons ou mauvais, chien,  serpent…, viennent s’abreuver du sang et de la semence du taureau destinés à féconder l’univers.

 

à télécharger

Infos pratiques

Visible au musée archéologique de Dijon

durant le mois de février 2017