Musée des Beaux-Arts

Adam et Ève au Paradis

Né à Bologne en 1575, Guido Reni fut élève des frères Carrache qui avaient fait de cette ville l'un des plus importants centres picturaux d'Italie à la fin du XVIe siècle. A leur contact, Reni apprend les règles de l'art classique et la notion de beau idéal. Avec cette œuvre monumentale, probablement peinte vers 1620, Guido Reni évoque un sujet qu'il a déjà traité à plusieurs reprises. Dans une évocation nostalgique du paradis perdu, l'artiste met ainsi en pratique sa formation initiale et donne aux protagonistes des physionomies très caractéristiques : le corps d'Adam est musculeux et athlétique, alors que sa tête de jeune adolescent, presque androgyne, évoque la jeunesse de l'humanité avant le péché originel ; la figure d'Ève contraste avec celle d'Adam : elle suit un canon longiligne et son corps dessine une ligne serpentine terminée par le bras levé qui conduit le regard vers la branche d'arbre au-dessus d'elle. Elle tend la pomme à Adam dans un geste placé au centre de la toile. Dans cette composition équilibrée, sans doute inspirée par la célèbre gravure de Dürer sur le même sujet, Reni parvient à rendre ce moment suspendu où l'innocence est rattrapée par la tentation grâce à la gestuelle et au jeu des regards entre les deux protagonistes.

 

Transfert de l'Etat à la Ville de Dijon : Musée du Louvre, Paris

Dépôt de l'État de 1812, transfert définitif de propriété à la Ville de Dijon, arrêté du Ministre de la Culture du 15 septembre 2010 © musée des Beaux-Arts de Dijon/Hugo Martens

 

La présence habituelle du serpent tentateur, enroulé autour du tronc, est complétée par l'ajout de deux autres animaux dont la signification reste incertaine : le lion et la panthère pourraient évoquer l'entente entre les espèces avant la Chute, mais pourraient également introduire d'autres connotations allégoriques, le lion évoquant l'Orgueil pour Adam et la panthère, la Luxure pour Ève, ou encore la Vertu face à la Tromperie. Les figures langoureuses d'Adam et Ève représentées avec un souci de réalisme et de perfection plastique, rappellent l'influence de la sculpture antique dans le modelé, le traitement et la position des corps. Le contraste est saisissant entre les carnations et la riche palette du paysage.

Chef-d’œuvre de la collection du musée, ce tableau place Guido Reni parmi les plus grands peintres du XVIIe siècle italien.

 

 

 

 

 

 

 

 

Infos pratiques

Guido Reni

(Bologne, 1575 – Bologne, 1642)

Adam et Ève au Paradis

Vers 1620

Huile sur toile

H. 278 m ; L. 196 cm

Inv. CA 42